POINT DE VUE - Semaine du 3 au 9 Mai 2000

Polonaise d'origine, française de coeur, ex-architecte reconvertie dans le stylisme, Irena Gregori dessine des vêtements que l'on porte à la manière d'une seconde peau, que l'on emporte partout avec soi et qui traversent sans "décalage horaire" les modes et les saisons. Après avoir lancé le style Tehen, elle crée sa propre griffe sous son nom et continue d'habiller les femmes avec son éternel sens pratique, son goût des coordonnées. Pionnière depuis vingt ans, avec deux autres stylistes polonaises, des boutiques lieu de vie, elle propose dans son nouvel espace mode du Marais ces vêtements "affectifs" dont elle a le secret.
POINT DE VUE : A quelle femme destinez-vous votre mode ?
IRENA GREGORI : Aux femmes pressées, voyageuses, et à toutes celles qui tout simplement ont envie d'être belles et bien dans leurs vêtements sans se prendre la tête le matin devant leur placard.
POINT DE VUE : Vous privilégiez les froissés, les plissés...
IRENA GREGORI : D'une collection à l'autre, je reprends les thèmes qui me sont chers en les recyclant aux couleurs du temps et en les "retravaillant" dans de nouveaux matériaux, toujours plus "intelligents" : textiles poids plume, plissés, microfibres indéformables, popeline froissée... et indéfroissable, maille fine comme de la soie.
POINT DE VUE : En quoi votre mode est-elle nomade ?
IRENA GREGORI : Tous mes vêtements se plient, se roulent et se glissent dans un sac ou une valise en ne prenant qu'un minimum de place. Dans un sac-pelochon taille week-end, j'emporte trois tenues complètes et basiques : tee-shirt + jupe plissée, pantalon-pyjama + veste chinoise ou kimono japonais et longue robe à emmanchures américaines, idéale pour le sable... ou le soir.
POINT DE VUE : Quels sont pour vous les points forts de cette saison ?
IRENA GREGORI : Les couleurs fruitées. J'ai toujours aimé ce violet incroyable qui évoque l'améthyste, l'orange corail et le vert anis. Tout le monde a envie de ces couleurs-fards qui donnent de l'éclat au teint et insufflent de la gaieté dans vos vies. Et sous le soleil c'est sublime.
POINT DE VUE : Dans votre nouvelle collection, les rayures sont très présentes...
IRENA GREGORI : J'ai un faible pour la maille bayadère déclinée du pantalon à la jupe longue, qui évoque le Capri dans années 50 mais aussi le côté ethnique des vraies rayures péruviennes.
POINT DE VUE : Comment concevez-vous l'esprit de votre espace ?
IRENA GREGORI : Je voudrais qu'il devienne un lieu d'échange, que l'on y vienne pour flâner, prendre le thé ou le café entre amies. J'aime imaginer que ma mode soit un prétexte aux rencontres.
POINT DE VUE : Quelles autres suggestions y proposez-vous ?
IRENA GREGORI : Des accessoires que j'ai chinés aux quatre coins du monde ou que je fais dessiner. De grands sacs plastique de couleur fluo, des colliers d'argent ou d'ambre de la mer Baltique, des bracelets manchette que l'on porte par paires, et des petittes mules vernies. Tout est coordonné à ma colleection vacances.
POINT DE VUE : Comment allez-vous faire évoluer cet espace-galerie ?
IRENA GREGORI : Comme sa conception ressemble à celle d'un loft, j'aimerais prochainement exposer des tableaux de peintres que j'aime, des objets de décoration que je suis en train de concevoir. Toutes ces choses qui embellissent la vie.
POINT DE VUE : Allez-vous continuer vos collaborations extérieures ?
IRENA GREGORI : Oui bien sûr, dessiner des montres pour Opex ou une collection petits prix dans les Monoprix "pilote" me donne la possibilité de réfléchir différemment.